Peux tu te présenter en quelques mots ?
23 ans, originaire de Nancy, devenue parisienne par opportunisme comme beaucoup de monde. J’aime découvrir sur tous les sujets, à travers les media, mais plus encore à travers les gens.
Quel est ton parcours professionnel, et qu’est ce qui t’a menée a la gestion de communautés ?
Après un BTS Assistant Secrétaire Trilingue, j’ai rejoint la licence pro en intelligence économique proposée par Paris 12. Je m’intéressais particulièrement aux métiers de la communication et de l’information, aussi une expérience professionnelle avec internet s’annonçait comme une évidence. C’est ainsi que j’ai effectué mon stage de fin d’études chez Weavlink, réseau professionnel spécialisé dans la communication RH auprès des étudiants et anciens élèves de grandes écoles, en tant que CM. C’était un métier de service et de contact, et ouvert à l’innovation : cela m’a paru idéal. Lors de l’entretien avec le patron, ma mentalité a plu, ainsi que mon intérêt pour la culture internet ; j’ai ainsi été choisie.
Quelles sont les compétences que tu mets en œuvre ?
Tel que je l’ai pratiqué, le community management faisait plus appel à un savoir-être et à des aptitudes humaines qu’à des choses que l’on apprend à l’école. Une bonne intuition relationnelle est indispensable, dans la mesure où les relations avec les recruteurs sont teintées de méfiance vis-à-vis de la nouveauté et des éventuels débordements. Il faut être à la fois efficace et rassurant. Par ailleurs, il est indispensable d’être proactif : par exemple, au lieu d’attendre les témoignages des membres sur leur entreprise, leur école ou leur cœur de métier, les CMs de Weavlink les contactent pour leur proposer des interviews téléphoniques. Cela génère un gain de contenu considérable, et permet au site de mettre en avant une grande qualité d’information.
Quelles sont les missions du CM pour toi ?
A mes yeux, le CM joue un rôle fédérateur au sein de son réseau. Il se pose en porte-parole de son équipe auprès des membres comme des membres auprès de son équipe, et agit ainsi comme un catalyseur d’échanges. Enfin, il permet au numérique de conserver une dimension humaine, une notion qui me paraît fondamentale.
Quels sont les outils à ta disposition et les méthodologies que tu utilises.
Basiquement, mon terrain de jeu était Weavlink, le réseau pour lequel je travaillais.
Puis petit à petit, nous avons élargi notre terrain : Facebook, Twitter, l’outil WeFolio (CV en ligne)… il va de soi d’exploiter un maximum d’outils de communication internet quand c’est précisément notre cœur de métier. Weavlink externalise énormément sa publicité sur d’autres réseaux, mais le plus gros de l’activité de community management a lieu sur le site.
Messages privés pour accueillir et aiguiller personnellement les utilisateurs, mise en avant sur la page d’accueil des contributeurs et recruteurs actifs, recherche par mots-clés des profils d’étudiants et diplômés compatibles aux besoins des recruteurs et vice-versa… On peut recommander des offres aux chercheurs de stage ou d’emploi, que l’on peut recommander aux recruteurs… Il me paraît important de préciser que sur le réseau Weavlink, excepté pour l’annonce d’un évènement particulier (concours, arrivée d’une nouvelle entreprise sur le réseau…), on utilise très peu de messages automatiques. Les CMs personnalisent au maximum la communication.
Quelles sont tes contraintes et les freins que tu dois tenir compte dans ta mission.
Les freins des membres deviennent les nôtres. Avec des clients comme Total, Thales ou Philips, il faut être très vigilant sur sa communication, ne rien publier sans validation – ce qui ralentit pas mal de choses ! Par ailleurs, du côté des étudiants et des jeunes diplômés, il est arrivé que l’attitude soit étonnamment hostile face aux offres d’aide (cela ne constituait pas une majorité, d’autres se montraient aussi étonnamment reconnaissants).
Quels sont tes principaux interlocuteurs à l’intérieur de ta structure et à l’extérieur de celle -ci ?
La structure, c’était un bureau au sein d’une pépinière d’entreprise. Nous avons été 7 au maximum, donc tout le monde était l’interlocuteur de tout le monde.
Lesquels sont les plus difficiles à gérer ?
Les étudiants et jeunes diplômés qui prennent le CM pour un VRP virtuel et l’envoient balader avec mépris quand il propose son aide sont un peu agaçants, mais on on en rit. Le plus pénible, ce sont les recruteurs qui manquent de bonne volonté et ne répondent pas aux messages des membres, ne valident pas les contenus, prennent le réseau pour un job-board… Nous en étions arrivés à relever les messages pour eux et à les envoyer régulièrement, triés par thème, et par répondre à certaines questions avec leur autorisation. Mais en dehors du temps investi dans ces tâches répétitives, j’étais souvent frustrée de voir que certains d’entre eux laissaient en plan le peu de travail qu’on leur laissait.
cet interview a été fait en collaboration avec david commarmond auteur de Lesveilleurs99 .
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